Mode de vie: S’habiller en chanvre pour être écologique

chanvre
Facebooktwitterlinkedin

Le coton au cœur de débats écologiques

Le coton est la fibre textile la plus répandue et cela fait maintenant plus de 5000 ans qu’elle est cultivée. Cependant aujourd’hui elle pose un problème écologique car c’est une culture soumise à une production intensive qui contribue beaucoup à la pollution des sols. Cultiver et transformer le coton utilisent beaucoup de produits chimiques toxiques : des blanchissants à base de chlore, des colorants constitués de métaux lourds ainsi que d’autres produits contenants des pesticides.

La pollution crée par la cultivation du coton

Tout d’abord, les champs de cotons utilisent des quantités exorbitantes de pesticides (1). Les pesticides sont des produits chimiques qui sont utilisés pour repousser et tuer les insectes. 99 % des pesticides appliqués sur les plantations de coton se retrouvent dans les courants d’eau et dans notre atmosphère ce qui contribue à la pollution de la biosphère, de l’hydrosphère et de l’atmosphère (2).

Des paillis en plastiques sont aussi utilisés pour inhiber la prolifération des mauvaises herbes et pour conserver l’eau dans les champs dans le but d’augmenter son rendement. Cette pratique consiste à ajouter des films plastiques sur la plante de coton.

En Chine, des études ont trouvé que 20 à 25 % de films plastiques résiduelles restent dans le sol (3 ;4). Ces films plastiques ne sont pas biodégradables et peuvent rester dans la terre entre 200 et 400 ans. Ces résidus impactent la santé des sols et peuvent, sur le long terme, avoir un effet négatif sur les futures cultures (6). Une étude dirigée par Jiang démontre que le rendement des plantes dans des champs affectés par la pollution des films plastiques diminue d’environ 21.6 %.

Enfin, les fertilisants sont utilisés pour augmenter la production d’une culture. Ces fertilisants peuvent être à base de Nitrogène, Phosphore et/ou de Potassium- des nutriments essentiels au bon développement de la plante.

Pour le coton, c’est le fertilisant au Nitrogène qui est privilégié. Cependant, un surplus de ce nutriment causé par une application extérieur décroîtrait l’assimilation d’autres nutriments indispensables à la croissance de la plante et diminuerait aussi la qualité des sols en modifiant sa structure (8). En conclusion, l’application de fertilisants contenants du nitrogène n’est pas en concordance avec un projet de développement durable.

En résumé, l’industrie du coton est un contributeur majeur de la pollution liée aux pesticides, aux plastiques et aux fertilisants. En plus, la transformation du coton en produit finit requiert tout autant de produits chimiques toxiques qui consécutivement se retrouvent dans l’environnements et de ce fait détériorent les écosystèmes. Ce n’est pas seulement un problème environnemental : beaucoup d’agriculteur de coton souffre de pathologies du fait de vaporiser des pesticides sur leur champs (9,10).

Le coton Bt : une bonne alternative?image

Du coton a été génétiquement modifié pour produire la bactérie Bacillus Thuringiensis (Bt). Celle-ci synthétise des protéines qui à leur tour produisent des toxines qui éloignent beaucoup d’insectes. Le coton Bt peut donc réduire l’utilisation de pesticides. Cependant, les résultats d’études sur son utilisation sont mitigés. Des recherches ont montré que les agriculteurs du coton Bt en Chine continuaient d’utiliser des quantités excessives de pesticides (11).

Ceci est dû au manque de connaissances pratiques et scientifiques des agriculteurs aux sujets des pesticides et du coton génétiquement modifié. Ils ont besoin d’être informé, mais ce travail n’est pas toujours bien exécuté. Selon une étude fait par Chen (12), informé les agriculteurs pourrait potentiellement réduire l’utilisation des pesticides de 10 à 15 %. La situation est similaire en Afrique du Sud (13) et au Mexique (14). En conséquence, l’utilité du coton Bt est en demi-teinte.

Le chanvre, un textile biologique

Il y a 5000 ans, le Cannabis Sativa était utilisé comme une source de nourriture et de tissu. Au XXe siècle cette plante a été bannie à cause de son utilisation comme drogue.

Au milieu de la crise écologique, le chanvre refait son apparition. La culture du chanvre comme fibre textile est écologiquement bénéfique car il ne requiert pas ou peu de quantité de pesticides.

En plus, c’est une plante qui augmente la qualité des sols. Le rouissage, un procédé pendant lequel des microorganismes décompose la lignine et la pectine pour tisser des fibres ensemble, est souvent pratiqué dans les champs. Pendant la période de rouissage, les tiges sont récoltées et disposées sur le terrain pendant 2 à 6 semaines. Les restes de feuilles et de racines augmentent la fertilité des sols et fournissent des nutriments pour la prochaine culture. (15).

De plus, le chanvre consomme beaucoup moins d’eau que d’autre culture (16).

Enfin, le chanvre comme matière première donne des vêtements de meilleure qualité et sont plus solide que ceux en coton.

«Si vous voulez supporter notre magazine scientifique gratuit, n’hésitez pas visiter notre collection en textile de chanvre, fait main en Italie.»

Coton vs Chanvre – critères écologiques

CottonChanvre
Culture
  • requiert un taux élevé de pesticides
  • utilisation de paillis en plastique
  • apport important de fertiliseur nitrogène
  • utilise beaucoup d’eau
  • utilisation de produits chimiques lors de sa transformation
  • utilise moins d’eau
  • faible apport en pesticides
  • le rouissage enrichi les sols
Conséquences
  • décroissance de la biodiversité
  • pollution de l’eau
  • dégradation des écosystèmes
  • en concordance avec un projet de développement durable

Pour conclure, la culture du coton requiert l’utilisation de beaucoup de produits agrochimiques et consomme d’importante quantités d’eau.

Au XXIe siècle la pollution aux produits chimiques doit être minimisée pour prévenir une future dégradation de nos systèmes. La consommation de coton n’est pas éthique. La création du coton Bt n’a pas montré de résultats très encourageants dans la diminution de l’utilisation de pesticides en Chine, au Mexique et en Afrique du Sud.

Le coton biologique est une alternative. Cependant celui-ci utilise beaucoup d’eau pour pousser. Lorsque l’on prend en compte le fait que nos ressources doivent être utilisées avec attention, le chanvre est une plante intéressante à cultiver.

Les avantages environnementaux seraient considérables si l’industrie textile se tournait vers la production de chanvre.

Vous êtes informé. Entant que consommateur, vous guider aussi la direction que les industries prennent.

Malheureusement, il n’y aura pas de grand changement si la demande en chanvre n’augmente pas car les industries sont plus orientées vers la croissance économique que la protection environnementale : elles répondent aux demandes des consommateurs. C’est à nous de faire ces choix en achetant nos produits consciemment.

Nature Going Smart - SupportVous avez aimé cet article?

Ce contenu original vous a été offert sans publicité grâce aux contributions de notre lectorat. Vous aussi vous pouvez nous soutenir de multiples façons. Regardez ici par exemple ! Merci.

Ecrit par Caroline Balloux, traduit par Emilie Balloux.

Copyright, Nature Going Smart. Ne peut pas être imprimé sans permission.

Références:

(1) K.M. Wu and Y.Y. Guo. The evolution of cotton pest management practices in China. Annu. Rev. Ent., 50 (2005), pp. 31-52.

(2) W.J. Zhang et al. Global pesticide consumption and pollution: with China as a focus. P. Int. Acad. Ecol. Env. Sci. 1 (2011), pp 125-144.

(3) J. Xiao and J.B. Zhao. Farmland plastic film pollution and its countermeasures. Sichuan Environ. 24 (2005), pp. 102-105.

(4) R.Z.Mao et al. The eco-environmental effects of photodegradable film in cotton field. Res Agr. Modern. 18 (1997), pp 116-119 (in Chinese).

(5) J.G. Wang. Utilization and pollution control of agricultural chemicals. Beijing Press, Beijing, China (2001), pp 73-74 (in Chinese).

(6) J.H. Zhi. Effect of leftover film contamination on cotton production and its administration. J. Tarim Univ., 19 (2007), pp.66-70 (in Chinese, with English abstract).

(7) Y.J. Jiang et al. Effects of remnant plastic film in soil on growth and yield of cotton. Agro-Envrion. Prot, 20 (2001), pp 177-178 (in Chinese, with English abstract).

(8) J.S. Zhang et al. Research on control mechanism of high yielding culture for cotton with LDE. J. Xinjiang Agri. Univ., 22 (1999), pp.283-288 (in Chinese, with English abstract).

(9) M. Maumbe. Hidden health costs of pesticide use in Zimbabwe’s smallholder cotton growers. Social science and Medicine, 157.,9 (2003), pp. 1559-1571.

(10) A. Moustafa. Adverse biochemical effects of various pesticides on sprayers of cotton field in El-Behira Governorate. Egypt-Biomedicine and aging pathology (2014).

(11) M. Elaine. Risk preference and pesticide use by cotton farmers in China. Journal of Development Economics, 103 (2013), pp. 202-215.

(12) R. Chen. Farmer’s knowledge on pest management and pesticide use in Bt cotton production in China. China Economic Review 27 (2013), pp. 15-24.

(13) Y. Ismael. Smallholder adoption and economic impacts of Bt cotton in the Makhathini Flats, Republic of South Africa. Report of DFID Natural Resources Policy Research Programme, Project R7946. London, UK: Department for International Development (2001).

(14) G. Traxler. Transgenic Cotton in Mexico: Economic and Environmental Impacts. Unpublished report. Auburn, AL: Department of Agriculture Economics, Auburn University.

(15) I. Bocsa, I., M. Karus. Cultivation of hemp: botany, varieties, cultivation and harvesting (1998).

(16) P. Ranalli. Hemp as a raw material for industrial applications-Euphytica, 140:1

Caroline Balloux

Caroline Balloux (BSc (Hons) Biology) is a collaborator to the website. 'In my search to find something that would interest me, I discovered Biology. Some of us try to find ourselves through that which we study. I personally feel that learning about the evolution of life has brought me answers on a philosophical level. Sitting behind the computer screen reading scientific research papers, I realized that outside the environmental problem is real. I now want to be involved and share the knowledge I got in order to inform people about the impact their consumption pattern is having.' Caroline is currently advancing her studies with a MSc in sustainable agriculture of smallholder farming systems in the tropics at the University of Copenhagen (Denmark) and is involved with permaculture facilities throughout France.

You may also like...

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *